L’absence du Temple, entre Traumatisme et Espoir

Poussin-Destruction-TempleLa destruction du Beth Hamikdach (le Temple de Jérusalem) reste un événement parmi les plus dramatiques de l’Histoire Juive. Si dans un précédent billet, il était fait mention des conséquences encore tangibles de ce désastre, au travers de nos gestes quotidiens, j’aimerais cette fois évoquer la Chute de Jérusalem avec le Dr Philippe AÏM, que les lecteurs du blog connaissent déjà, puisque nous avions déjà commis ensemble un entretien passionnant il y a quelques mois de cela.

Une fois n’est pas coutume donc, et face au réel traumatisme que ces événements ont provoqués dans l’inconscient collectif du Peuple Juif,  je vous propose un second dialogue au travers de cette date fatidique qui allait bouleverser l’existence de notre Nation jusqu’à aujourd’hui et paradoxalement positionner les Juifs du monde entier dans l’attente formidable des temps messianiques, ceux qui verront le 3e Temple rebâti et le Culte obtenir enfin droit de Cité.

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Interview Psy : « Le succédané d’une saducéenne » ou « Les interdits de la Torah et les bottes des 7 lieues »

Freud gangnam style

Il y a quelques années, un cabinet de recrutement anglo-saxon, bien situé à Neuilly et dont le nom commence par ‘Hud’ et se finit par ‘son’, m’a contacté pour participer à un assessment center en vue d’un poste de responsable dans une grande entreprise pétrolière française (suivez mon regard). Les épreuves sur toute une après-midi allaient d’un livret d’exercices de logiques et de mémorisation, à une lettre manuscrite, une note de synthèse en anglais, et 3 entretiens. Je vous passe les détails mais lors du debrief des épreuves, j’ai rencontré une chargée de recrutement qui s’était présentée en tant que Psychologue et l’on a évoqué les résultats des tests. A un moment, sur les tests de logique (domino, suite numérique, cartes à jouer etc.) je me suis laissé aller à lui dire que mon ancien prof de maths, nous avait rappelé que ce genre de test de logique peuvent être mathématiquement équivoques dans la mesure où les réponses peuvent ne pas être uniques.

(Corollaire implicite que nous ses élèves avions compris: ces psycho-machins sont des apprenti-sorciers qui attendent plus de vous que vous réfléchissiez comme eux, comme s’ils étaient propriétaire et juge de l’intelligence et de la logique humaine).

Un exemple très simple pour fixer les idées:
« compléter la série suivante : 1,2,3, ?, ?, ? »
Facile ? Pourtant, il y a au moins 2 réponses, parfaitement valables.
Les avez-vous trouvées ?

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Il était une Foi: L’homme avec un grand H

( A la mémoire de Maurice Moshé ben Mah’a  Benayoun zal, enterré ce jour, et dont la gentillesse et le sourire simple me manquent déjà)

C’est l’histoire d’un homme. Un homme avec un grand H. Un de ceux qui a marqué l’Histoire, elle aussi écrite avec un grand H. Mais sans doute, au fond, est-ce l’histoire de plusieurs hommes, peut-être même de tous les hommes qui accomplissent leurs destinées.
Avant de vous révéler son identité je vais vous donner quelques éléments biographiques. Mais…il y a de grandes chances pourtant que malgré ces indices vous restiez incapable de le  reconnaître. Pire, que vous le confondiez. On parie ?

On va alors se la jouer à la Julien Lepers si vous le voulez bien:

« Attention, Personnage célèbre vous m’avez dit. Qui suis-je ? Top !
Fils d’un Sculpteur, et sans doute d’une sage-femme, j’ai grandi probablement dans une certaine aisance – quoique les sources soient peu nombreuses- , ma famille étant respectable et respectée dans une société païenne. Car nous sommes plusieurs siècles avant l’ère vulgaire. Mon éducation fut assez correcte, avec d’après les écrits postérieurs un attrait flagrant pour la Raison et la remise en question permanente. Un certain sens de la malice et le marchandage également, imbattable que j’étais à retourner les arguments de mes contradicteurs contre eux-mêmes.
Je n’étais pas du genre à « panurger » comme tous les habitants de la grande cité où ma famille était confortablement installée, proche du palais et du Pouvoir.
Aussi, je m’attachai toute ma vie à travailler pour la conversion morale de mes concitoyens -après avoir moi-même avancé dans la recherche perpétuelle du Comment et du Pourquoi. Je me suis intéressé d’abord à une certaine philosophie de la nature et aux spéculations dans le domaine de la physique (notamment l’astronomie et l’astrologie, considérée à l’époque comme une science). Cet intérêt aurait été suscité par la rupture qu’entretenaient les penseurs antiques avec le surnaturel et le monde des dieux qui prévalaient jusqu’alors. Mais il semble que j’ai ensuite été déçu par les explications purement causales, et m’éloigna rapidement de ces physiciens et autres astrologues, déplorant leur explication matérialiste et le côté limité de leurs méditations basées uniquement sur la Nature. Ma méthode progressive, me fit très tôt abandonner des croyances fausses – au désespoir de mes proches. D’ailleurs, plusieurs membres de la classe dirigeante locale affirmèrent voir en moi un esprit pervertissant les valeurs morales traditionnelles et donc un danger pour l’ordre social…le procès qui s’en suivra me condamnera de fait à une peine dont aucun homme ne peut ressortir vivant.
Sans pour autant m’appauvrir, je dispensais ma sagesse gratuitement tout en jouissant d’un patrimoine conséquent. Pour autant humble et avec une vie dépouillée de tout superflu, j’ enseignai dans la rue, les marchés  les échoppes, au gré des rencontres. Dialoguant avec tous, cherchant à les rendre plus sages par la reconnaissance de leur ignorance ou l’inanité des superstitions de mon époque. Point central des carrefours, mon hospitalité tant spirituelle que matérielle aurait été légendaire.
J’eus de nombreux disciples qui propagèrent mon message. Je fut aussi un homme de guerre, un soldat redoutable et brillant dont on loue encore le courage, la témérité voire. Je sauva notamment au cours d’un bataille incroyable la vie d’un notable bien connu de l’époque.

Tardivement père d’un fils, avec ma femme que sa rivale écartée traitera de particulièrement acariâtre. Plus tard, dit-on , je me marierai avec une seconde épouse dont j’ aurai d’autres enfants.

Je m’instruisis toute ma vie, obéissant à l’Évidence que j’avais découverte mais qui me dissimulerait jusqu’au bout Son infinie sagesse.
Pour enfoncer le clou, je démontrerait l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme.

Et je suis ? je suis ?… »

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Toi aussi anime un Dvar Torah applaudi par les plus Grands !

Un Rav de Bne Brak est venu vendre son livre dans notre synagogue. Un « best seller » en hébreu et en espagnol disponible enfin en français d’après la couverture ! La bande-annonce sous forme de dvar torah (sermon talmudique) était alléchante dans les tout premiers instants: l’homme charismatique s’exprimait très bien en français, les questions qu’il soulevait- quoique connues- étaient rondement amenées. Hélas, les réponses étiolées en longueur étaient pour le moins…hallucinées. La structure du discours était décousue. Pour tout dire, je m’abandonnai même à de criminelles attaques: « c’est à croire que ce type aime vraiment s’entendre parler ! »

Pour autant, son bouquin à 20€, je l’ai acheté – à la faveur d’une indulgence bisounoursienne chronique et de askamot (approbation) dithyrambique de grands rabbanim francophones.

Or les premières impressions sont toujours les meilleures, surtout quand elles sont mauvaises: à la lecture ce ne fût que verbiage, registre lexical soutenue et hyperbolique, aucune rigueur de fond, redite et paraphrase longues comme 8 jours sans pain, citations non sourcées, coquilles – et même et même- redondance du même chapitre écrite sous deux formes (sic) en utilisant apparemment un dictionnaire des synonymes – prouvant l’absence totale de relecture.

Ma question était alors double:

  1. Comment des rabbanim peuvent soutenir un tel brouillon – d’apparence si belle toutefois ? L’ont ils au moins lu ? Ouvert ?
  2. Ce Rav de Bné Brak, avec un pedigree considérable, se satisfait-il de cette « oeuvre » sous forme d’un beau vernis insipide ?

Du coup je me suis dit que finalement ce n’était pas si difficile d’écrire un « best-seller » !
Ma méthode est infaillible : Venez découvrir la langue de Bois Lamehadrin !

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Aristocratie ou Démocratie, l’Election peut-elle être Populaire? Explorations sur le Décalogue

(A la mémoire d’Élie, fils de Saada – Léïlouï Nichmat Eliyahou ben Saada)

Il y a quelques semaines, il ne vous a pas échappé qu’Israël a vécu une crise interne suites aux évènements dit de Bet-Shemesh. Sans revenir une énième fois sur ces faits, scandaleux s’il en est, le plus marquant fût à mes yeux la scission franche entre deux visions du judaïsme et ce, au sein même de la tendance orthodoxe. En avant-propos, et pour désamorcer tout malentendu, il ne sera pas fait mention ici ni de politique intérieure, ni des orientations médiatiques supposément amorales ou hostiles, ni de l’opposition laïcs-religieux qui traversent continuellement la société israélienne. Le périmètre de cette étude, concernera la vision du judaïsme, et sa rupture avérée et flagrante, parmi la population juive orthodoxe. Un schisme qui couvait évidemment depuis des décennies, mais qui à la faveur de ces incidents a franchi un stade inédit jusqu’alors. Lire la suite

Lune de miel & hypermarché

L’approche de la fête de Chavouot nous rappelle que l’on célèbre les épousailles entre le peuple d’Israël et Dieu. La Tradition séfarade, au moment de l’ouverture du Hékhal (arche), impose même la lecture de la « kétouba » qui est le contrat de mariage que chaque couple juif possède depuis le jour fatidique où les deux inconscients se sont dit « oui ». En réalité, en h’outs laarets (en dehors d’Israël) où 2 jours de fêtes sont consacrées à cette fête, on lit même 2 kétouvot.
Le premier jour pour associer Dieu, le marié, aux Enfants d’Israël, la future épouse. Et le lendemain pour unir cette fois-ci le peuple hébreu, l’homme, à la Torah, représentant la femme.
Une sorte de ménage à trois qui à été officialisé ce fameux 6 Sivan, en l’an 2448 après la Création, devant 600 000 hommes soit environ 4 millions d’individus (femmes, enfants et vieillards compris).
C’est aussi  normalement le début de la Lune de Miel même s’il serait judicieux de remplacer le nectar de Rosh Hashana par un Cheesecake de circonstance. Lire la suite

La tentation du juif éclairé

Lorsqu’on se réveille sur son judaïsme, comme moi, bien tard et qu’il faille alors entamer un ‘rattrapage’ asymptotique, il est un écueil qu’il faut absolument éviter si l’on souhaite conserver son esprit ouvert et éviter de l’obstruer par un illusoire orgueil. C’est ce que j’appellerai la tentation du juif éclairé. Lire la suite

Charité (belle et)bien ordonnée, suite et fin

Je vous avais précédemment parlé de la distinction entre le terme hébreu ‘tsédakka‘ et sa traduction quasi eronnée en ‘charité’.
Une des différences fondamentales résidait dans l’obligation, d’un point de vue strictement légale, de donner à l’autre, semblable en tous points, ce dont il avait besoin. Ce qui s’éloignait de la notion ‘sentimentale’ de la charité commune, qui seule faisait appel à la compassion du donneur – tout en infériorisant le statut du receveur.

Résumée ainsi, je me suis mis à craindre que l’on ne comprenne pas bien la position du judaïsme, telle que modestement je l’ai comprise :
Il n’est pas question de rejeter les élans du cœur. Il s’agit d’énoncer clairement que c’est une base bien fragile pour maintenir l’obligation d’entraide appelée ‘tsedakka‘. Que l’on ne peut compter uniquement sur la compassion pour assurer l’aide nécessaire aux pauvres. Que l’affection n’était pas une garantie.

Sur ma lancée, j’ai pensé qu’il serait aussi plus ‘charitable’ d’évoquer la dimension sentimentale parmi les obligations qui incombent aux juifs. Et de montrer combien celle-là était même davantage appréciée que l’application froide, insipide et mécanique des commandements – qui demeure un travers pour ceux qui n’ont pas compris ce qu’on attendait d’eux. Lire la suite

Ytro n’en faut !

(A la mémoire d’Élie, fils de Saada – Léïlouï Nichmat Eliyahou ben Saada)

milouLa paracha (section biblique hebdomadaire)  de la semaine est consacrée à Ytro, beau-père de Moïse, prêtre de Midian, et depuis, icône sacrée et suprême du Consultant en Organisation , puisqu’il va  indiquer à son illustre gendre comment mieux gérer son peuple.

C’est aussi l’homme qui va avoir le mérite de porter le nom de la paracha qui inclut les 10 commandements.

A ce sujet, un Midrash (Sifri Deut. 343:2) nous rapporte une célèbre histoire: avant de confier la Torah aux Enfants d’Israël, Hachem la proposa à toutes les autres Nations. Une à une, elles allaient refuser ce cadeau divin, après s’être enquit de son contenu. L’une apprenant que le vol est interdit, l’autre découvrant que le meurtre est interdit, une autre encore s’étonnant que l’adultère y soit condamné etc. ne restât plus donc qu’Israël qui l’accepta volontiers sans poser de questions et qui scella ainsi sa relation unique et privilégiée avec Dieu.

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Le calendrier universel…et relatif

Hier soir je suis resté scotché jusqu’à minuit et demi en regardant un documentaire sur France 5, VOYAGE AUX ORIGINES DE LA TERRE.

Splendide réalisation technique, textes très bien écrits … j’aurai plusieurs remarques et questions dessus (entre autres au moment de l’émergence de la vie) mais ce qui m’occupe dans ce billet, c’est la chronologie. A chaque étapes de la formation de notre planète et de ses habitants, il y avait un compteur en millions d’années qui se décrémentait. Recours pédagogique assez courant pour matérialiser les accélérations chronologique, je me suis mis à penser que ça ne choquait personne de parcourir 4.5 milliards d’années en une petite heure et demi de documentaire.

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