Les Vacances d’été: quel boulot !

J’aurai pu intituler ce billet « Indiana Jones et l’Autoroute du Soleil » tant il est vrai que préparer des vacances, surtout des vacances casheres, en France ou à l’étranger, s’apparente à un feuilleton d’aventures avec de multiples rebondissements.
A la limite, comme dans la série Colombo, on connait tout de suite la victime, années après années:
Votre portefeuille.
Mais là où c’est original, c’est que les meurtriers changent tout le temps. Avec notre consentement en plus. Et toujours avec le sentiment diffus de s’être fait charcuter par un bourreau qui a au moins du cœur, tétanisés que nous sommes de tomber entre de mauvaises mains sanguinaires et sadiques venues gâcher cette sacro-sainte période…
Elle est bien finie l’époque de vos vacances entre potes, célibataires, organisées à l’arrache avec trois francs six sous, et éclats de rire en bonus. Parce qu’avouons-le tout de suite : les meilleures vacances c’est entre potes et célibataires ! Après, disons que c’est plus angoissant :
En pleine maturité de la trentaine, avec une compagne et sans doute des enfants, tout repose sur vos épaules. Pas le droit à l’erreur donc.

Ça y est, vous la sentez la pression estivale ?

Évacuons déjà les deux extrêmes :

Il y a le misonéiste, ou le néophobe

Le choix des vacances étant tellement compliqué, pour peu que par chance la famille se soit, un tant soit peu, plu à un endroit et dans le respect du budget, STOP, on fige tout. Tel Neil Armstrong plantant le drapeau américain sur le sol lunaire, le père de famille déclarera cette zone estivale sienne pour les 5 prochaines années au moins. Ne lui parlez surtout pas d’un nouvel hôtel meilleur marché, d’un nouveau club avec plus d’activités, d’une nouvelle ville où les locations sont moins chères et les restaurants plus fameux. Son slogan c’est « plus bougez, surtout plus bougez »
Telle la bille d’acier en équilibre précaire sur le seul point stable d’une selle à cheval, tout frémissement l’emporterait irrévocablement vers la chute.
Il y est, il y reste.
Next !

Il y a aussi l’aventurier…

…qui fait de son insatisfaction chronique son premier moteur de recherche, loin devant lastminute, liligo et opodo. En réalité, il veut surtout calmer son appétit géographique, se la jouer devant ses potes, et ne pas apparaitre comme un estivant casanier qui lui rappellerait son âge, lui le vieux beau.
Et l’argent n’est pas un frein, en manquerait-il, il emprunterait pour payer ses congés.
Son rêve, lui l’explorateur à la mélanine prête à exploser, c’est de placer dans la même conversation:

« Ouais, ouais, c’est sûr Punta Cana avec son All Inclusive c’était pas mal il y a 10 ans. Mais Le Club Med d’Eilat, pardon, c’est autre chose ! Évidemment ça coute un bras, mais tu sais, c’est aussi bien que les clubs au Mexique et t’es en Israël mon frère, en plus quand t’as fait X années de suite toute la Côte d’Azur, t’as envie de changer un peu. Après moi je remets plus les pieds dans un pays arabes, même si les tarifs sont très bas. C’est un principe. T’es fou ou quoi, après ce qui s’est passé là-bas. Non ! C’est plus comme quand on était encore célibataires. Ils ont changé ! En plus à choisir je retournerai plutôt en Turquie, y avait au moins beaucoup d’israéliens là-bas…OK, OK il reste encore la Thaïlande, mais maintenant avec les enfants, on se tâte: Je me rappelle de trucs choquant quand même là-bas…Les croisières? Je recommencerai après ma retraite ! Et puis l’Espagne, Chypre ou la Grèce, non, trop prolo, j’ai déjà donné. Quant aux fjords en Norvège, t’en a fait une fois, tu les as toutes faites. Bien sûr il reste la Croatie, mais si tu veux être sobre au moins une journée devant ta famille, c’est raté …(Beezrat Hachem Bli Neder Bli Hayin Hara,) l’année prochaine, on envisage de repartir en Floride puis remonter jusqu’à New York, puis Québec, ça faisait longtemps, et parce que les States, ben, ça reste les States quoi ! Et entre nous, la Côte Est c’est quand même vachement plus classe que la Côte Ouest, trop surfaite et superficielle tu vois, je trouve perso… Et sinon vous, toujours en Normandie ? ouais, t’as raison, c’est tranquille ? »

Là en général, c’est le quart d’heure de gloire wahrollien; car c’est loin d’être évident à débiter aussi rapidement autant de destinations pour bien épater la galerie au moment du Kiddouch d’après l’office du chabbat. Souvent votre interlocuteur en effet, vous coupera pour évoquer ses propres déconvenues ou ses « bons plans ». Expert en la matière, notre aventurier évitera donc les classiques Deauville, Kikar de Netanya ou Juan-lès-Pins au risque de se voir embarquer sur les interminables discussions stériles sur la météo ou la vulgarité de certains vacancier(e)s.

Hormis ces deux personnages, les vacanciers, de classe moyenne, lestés de leurs familles doivent se poser déjà une question: En France ou à l’étranger ? Je pars du postulat que les circuits à l’étranger avec les enfants, c’est plus vraiment des « vacances » et que la population plus aisée qui se destinent aux Maldives, à l’Ile Maurice ou à Palm Beach, n’éprouve bizarrement aucun stress à l’approche de cette période de congés.

Le Bon Père de Famille en France

Lui préfère limiter les dégâts et se revenir aux bases des vacances : se reposer, se détendre, se changer les idées. Bronzer évidemment. Mais aussi s’amuser et occuper les enfants. Pour une dépense minimale.
En France il y a heureusement beaucoup de cités estivales où ce contrat peut être facilement rempli. Sauf que trois paramètres vont venir singulièrement perturber la donne et restreindre drastiquement le choix:
1/ L’épouse
2/ La météo
3/ La vie sociale

L’épouse tout d’abord pour qui les vacances en famille ne doivent pas être un summer spin-off de la télénovélas récurrente  » Conchita Merguez, Mère, Épouse, Traiteur Gastronomique et Femme de Ménage. D’après une histoire Vraie. »

Ce qui signifie que si votre femme avait l’audace de vouloir elle aussi souffler un peu cet été, de prétendre – l’ingrate, la  fainéante ! – à un petit break après une année épuisante où elle a tenu votre petit logis, et si en plus – Ah je vous jure, c’est fini les femmes vertueuses comme votre mamie a »h- elle veut elle aussi avoir à mettre les pieds sous la table pour ne pas avoir à cuisiner, il ne vous reste plus beaucoup de possibilités: la location dans des villes disposant de restaurant cashers (c’est à dire les indécrottables Juan Les Pins, Nice, Cannes, Marseille, La Grande Motte et toutes les villes à côté de ces grands « pôles » du tourisme juif)  ou bien les clubs casher à la montagne…

La météo à présent. Élément ô combien primordial pour la réussite de vos vacances mais aussi pour l’équilibre psychologique de toute la maisonnée. Je peux témoigner que l’épouse d’un podologue est partie en dépression à la rentrée, après avoir passé un mois et demi à Deauville, en été, avec la marmaille enfermé dans un 45 m2. Sous la pluie évidemment, inutile de vous le préciser.
Alors à titre purement personnel, moi qui ayant profité étant adolescent de l’appartement de mon oncle pendant quelques étés, à 2 pas de la place Morny, je vous le dis sans l’ombre d’un doute, n’écoutez pas les stéréotypes publicitaires sur la Normandie:

« – Hummm, l’air marin, c’est si bon, et puis les poissons ici sont si frais ! On respire, on n’étouffe pas avec un cagnard sous 35 °C
– Quel kiff de faire du vélo sur les planches où de si grandes stars sont venu fouler ces lattes de bois mouillées par la pluie !
– Cabourg, les plages du Débarquement, Caen, Honfleur, Calais, Cherbourg, Villers…Le Havre…t’es au centre de l’Histoire de France ! Ça fait rêver pas vrai ? (si je dis non et que je préfère Monaco, j’ai bon aussi ?)
– Ce soir c’est Casino ! (comme un peu tous les soirs en fait, considérant la folle vie des noctambules normands…sinon pour Monaco, désolé d’insister, rapport au Casino…)
– L’hippodrome de Deauville et la vente de yearlings, c’est aussi bien que Cannes, et niveau Festival, y a celui du film américain en septembre. Le top ma parole !
– Attends, à Deauville tu bronzes même sous les nuages, le soleil il est traitre fais gaffe, y a une fille elle a attrapé parait-il une insolation pendant un orage !
– Ce petit côté cosy, c’est si mignon, et ce n’est qu’à 3h de Paris (c’est ce que doivent se dire les cumulonimbus, en effet) !
– Où tu vas profiter d’une Haägen Dazs aussi bonne, hein, où, dis-moi, dis, hein, bon, alors, hein, où ?
– Mais bien sûr que tu peux te baigner à Deauville au mois d’août ! D’abord il y a le complexe Biotherm à (j’ose pas l’écrire) € l’entrée et ensuite si tu es un bon marcheur, sur la plage, en moins d’une heure à marée haute tu peux avoir de l’eau glacée qui t’arrive au genou !
– Je veux pas dire du mal, tu me connais, mais Deauville, la vérité, tu rencontres des gens, tu vois, pas pareils qu’à Juan, tu vois ce que je veux dire. C’est des gens, quoi, tu les vois, tu les prends tout de suite pour des ashkénazes, y a des galeries d’art, des salons de thés, y a une concentration de médecins au m2, c’est de la folie, tu te croirais à la Néîla à la Victoire, ça en jette, quoi, t’as compris ?
– Franchement, avec ton pull Ralph Lauren sur les épaules, tes skippers TBS, ton jean blanc Lacoste et tes lunettes de soleil-Ray-Ban-qui-te-servent-à-rien-puisque-tu-les-garderas-sur-ton-front-sous-la-capuche-de-ton-KWay, on n’est pas bien là, hein AAAaaaa…TCHHooouuuummmm !?! (et là tout le monde à la terrasse qui se retourne, serveur compris, et s’exclament d’une seule voix: Taïch Yabenti !!!) « 

Quand en plus vous réalisez que le prix d’une location à Deauville ou même Trouville (pour les gens moins, comment, « tu vois ce que je veux dire ») est PLUS chère qu’à Nice ou Mandelieu, je vous le dis, en vérité, Deauville c’est excellent pour les longs week-ends de Chavouot et les chabbat pleins. Mais pas pour les vacances d’été. Trop risqué niveau météo (même si certaines exceptions viennent confirmer cette règle).

Coté soleil donc, on privilégiera le golfe du Lion, la région PACA, juste histoire de ne pas apporter avec soi les nuages gris et les précipitations – si gracieusement offerts par la Côte Fleurie.

Quant aux séjours à la montage, c’est comme le Port Salut, c’est écrit dessus: c’est la montagne. A  2000 m d’altitude, la probabilité que la température en été soit sensiblement la même que celle de Paris une saison plus tard est relativement forte. Au mieux de toute façon, passé 17h, il vous faudra une petite laine même un 10 aout. Attention aussi si vous y amener un nourrisson, un passage chez le pédiatre est obligatoire avant toute réservation. L’altitude maximale autorisée étant de 2000 m, il y a parfois des insuffisances respiratoires qui peuvent être dangereuses. Méfiance, donc.

Du coup, et ce n’est pas une très grande surprise, il ne vous reste plus beaucoup le choix: Nice ou Marseille ou la Grande Motte ainsi que leurs « banlieues »: Cannes, Juan, Antibes, Mandelieu, Menton, Monaco, Cagnes, St Raphaël, Aix, Le Grau du Roi…


Troisième paramètre: vous voulez des vacances en terre inconnue ou avec un réseau social embarqué ?
En fait c’est surtout pour madame que se posera la question, vous à la limite, vous supporteriez deux semaines loin de tout, au calme – même sans les parties de rami avec les amis. Mais elle…acceptera-t-elle de ne pas partir à la plage avec Sylvie, Jenna et Ronit comme chaque année ? Sera-t-elle en mesure de faire les rues commerçantes toute seule sans s’extasier sur le nouveau bustier ou crier au scandale sur les tarifs des boutiques qui font leur saison ? Survivra-t-elle aux photos postées en live sur Facebook ou Twitter de ses amies s’éclatant à Frishman alors qu’elle n’y est pas ? Qu’est-elle venue s’enterrer dans ce coin perdu de la France alors que « tout se passe ailleurs » ?
En noircissant le tableau voilà à quoi s’expose le bon père de famille s’il ne s’inquiète pas de ce sujet à temps…

Le Bon Père de Famille à l’Étranger

Nous évoquerons le cas d’Israël juste après. Si l’on souhaite partir à l’étranger en famille, le problème est un chouia plus simple : Ça va douiller. D’abord le choix des destinations : Espagne, Italie, Grèce, voire de plus en plus Portugal, et même les USA sont les destinations favorites. Le Maghreb et la Turquie étant boudés pour les raisons que l’on sait. Et nous retombons dans la même bifurcation qu’au cas précédent : location, hôtel ou club ? De toute façon vous ne vous en sortirez pas à moins de 5 000 € les deux semaines. L’avantage du club casher c’est qu’il n’y a rien à faire, tout est censé être pris en charge –quoique chaque année amène son lot de ragots sur tel ou tel organisme qui aurait « arnaqué » son public sur les chambres, la piscine, la nourriture…
En règle générale, même si l’organisation est ridicule comparativement à des clubs goy, ce sont de bonnes vacances, mais évidemment cela à un coût.
Quant aux locations, ça dépend si vous êtres scrupuleux sur la cashrout ou pas. Si oui, pas énormément de choix. Vous devrez apporter votre nourriture dans une valise dédiée. Et vous délecter de conserves de thons et de pâté de foie (à moins que les services d’hygiènes aux douanes ne vous les ai confisqué – c’est déjà arrivé- et là bon courage…)

Le Bon Père de Famille en Israël

Galil, Résidence, Blue Bay, Metropolitan, Maxim, Herod’s, Four Seasons, Renaissance et tant d’autres – des hôtels mythiques pour les juifs français. Ou bien location à Ashdod, Netanya, Eilat, Jérusalem, la Mer Morte et évidemment Tel-Aviv.
Bref, le choix du Roi. Avec, pour les plus téméraires des billets d’avion le jour du 9 Av (les moins chers de l’été vu que personne n’ose voyager ce jour-là) et vous voilà prêt à passer quelques jours ou semaines au soleil cuisant de la Terre Sainte.
Le voyage commence dès l’aéroport en France, où vous rencontrez de la famille éloignée ou l’ami d’un ami. L’office de Minh ’a dans la salle d’embarquement. Les cris des enfants. Les vôtres et ceux des autres. Ambiance colo « Exodus ». Le vol est souvent ponctué d’applaudissement à l’atterrissage, de l’énorme bouffé d’air chaud humide qui vient envahir la carlingue dès l’ouverture des portes sur le tarmac…Tellement de souvenirs, de petites madeleines qui vous font rappeler que vous êtes bien en Eretz, « chez vous, à la maison ».
Ici aussi, oubliez les économies, entre les transports, les glidot, les restaus où le montant sur la carte est le même que vous soyez israéliens ou français (seule l’unité de monnaie change ;-) ), ça promet d’être gratiné niveau budget…Je ferai peut-être un billet dédié à ce phénomène qui n’a jamais été démenti depuis qu’Israël existe – et qui font sans aucun doute des Tsarfatim, les touristes les plus précieux du jeune Etat (rappelez-vous tout de même que pendant la période la plus noire des attentats en Israël il y a 15 ans environ, seuls les français se déplaçaient en masse pour soutenir le tourisme local, déserté par les américains et autres britanniques)

Mais bon,  Israël et le touriste français, c’est plus qu’une histoire d’amour. C’est passionnel. Alors on ne compte pas, on ne compte plus, au pire :

« je préfère me faire arnaquer ici qu’ailleurs, au moins l’argent servira au pays »

Oui, oui, dans passionnel, il y a irrationnel.
Et les israéliens le savent très bien. Trop sans doute…

Tsarfatim

Ultimate Reload: Vous êtes en plus religieux

Aïe aïe aïe, ça se complique ! En plus des critères précédents il vous faudra obligatoirement à proximité de votre lieu de résidence, une synagogue avec office quotidiens, des chiourim de qualité pour lerner au soleil…mais  aussi un mikvé (‘Nidda à Venise’, ça pourrait être le titre d’un roman à l’eau de rose, mais c’est juste le titre d’un film d’horreur). Le top étant d’avoir la possibilité de se baigner dans des plages, des criques ou des calanques privées, voire de disposer d’une piscine pour soi ou à horaires séparés.
En France comme à l’étranger cela va grandement restreindre vos choix. Hormis Nice ou Marseille, je ne connais pas beaucoup de cités proposant de telles options tout en garantissant le beau temps – avec le risque pour les enfants, voire le mari, de contempler les courtes et légères tenues quasi-transparentes des fringantes estivantes (ça rime, mais en fait c’est une préoccupation très sérieuse, surtout l’été).
C’est pour cela que les clubs en montagne sont presque une chasse gardée d’organismes juif religieux voire orthodoxe qui mettent eux-mêmes en place l’infrastructure nécessaire pour une population qui se regroupe justement par affinité religieuse.

L’offre est d’ailleurs assez intéressante : il y en a pour toutes les bourses et pour toutes les qualités. Avec une surenchère amusante concernant les rabbanim qui tiendrons séminaire durant le séjour. Voire même des nouveautés dans la classification des hôtels : du 3 étoiles « classé Luxe » (ah bon ?) au « Équivalent 4 et 5 étoiles » (faudrait se décider non ?). Idem sur les activités : ski d’été, VTT, rando, fitness et sauna sont souvent au rendez-vous (même si ça m’étonnerait que beaucoup y souscrivent).
Mais ce qui est un dénominateur commun, c’est l’insistance sur la nourriture abondante, super-hyper-casher, avec la sempiternelle soirée de gala et sa pièce montée, clou du séjour, dans une ambiance Bontempi avec les même musiques hassidiques.
Ce sont des vacances douces, avec des gens de bonnes compagnies, des organisateurs plus posés (qui a dit plus honnêtes ?) que ceux que l’on rencontre sur les rivages méditerranéens, mais peut-être avec le risque de s’y ennuyer un petit peu. Il y manquerait cette dose d’originalité, de nouveauté, de surprise, de folie aussi, qui font d’un séjour un moment inoubliable. Mais je reconnais que ce n’est pas un avis objectif : je ne suis pas fan de la montagne, ni en hiver ni en été ;-)

En Israël en revanche, c’est beaucoup plus facile de passer des vacances dans le respect de la Loi. Mais là encore, entre le coût des billets d’avion et de l’hébergement, ce n’est pas à la portée de toutes ces familles, souvent nombreuses.

Dans les autres pays, hormis des villes-exceptions comme Miami, très honnêtement, je ne vois pas comment ce type de vacanciers pourrait s’en sortir convenablement sur tous les tableaux : soleil, plage, mikvé, synagogues, restaurants, chiourim…(Si vous connaissez, en revanche, des bons plans à l’étranger, n’hésitez pas à venir les partager dans les commentaires.)

Les transports:

Ahhhh Les Transports !
Il y en a de trois sortes : la voiture, l’avion et le train (j’évacue le bateau pour les croisières, ça reste très marginal). Et croyez-le ou non, ce n’est pas le plus moderne qui est toujours le plus pratique :

Alors la voiture…Au début on se dit que c’est le moins cher, qu’on est libre, que les paysages, c’est déjà justement un dépaysement donc des vacances, qu’arrivé à destination, plus besoin de louer une voiture…
Je peux vous parler de mon expérience : Paris-Marseille avec enfants en bas âge et un nourrisson.
Normalement il y a environ 800 km dont 770 sur autoroutes. Disons que ça fait 8h de routes avec un ou deux arrêts (sauf que ça c’est VOUS qui réfléchissez en VOUS basant sur VOS anciennes performances routières de célibataires, auto radio et clim à fond, avec vos amis comme passagers qui ont déjà lancé le vanne-o-tron).

La réalité c’est rapidement, à votre grand désespoir : « j’ai faim », « j’ai soif », « pipi », « caca » (oui désolé), « je me sens pas bien », « arrête toi, il faut que je l’allaite », «arrête toi, il faut changer la couche », « arrête toi, il faut nettoyer le vomi » (oui désolé), « arrête toi, pourquoi le bébé pleure». Bref c’est d’abord « Arrête-toi ».
7 arrêts de 35 mn (et 19 couches pesant 2.5 tonnes et 27 bodys en boule dans un sac plastique embaumant la voiture de vomi et…) plus tard, arrive le moment des « ralentissements » près de Lyon, doux euphémisme pour vous indiquer que vous allez perdre une à deux heures sur le trajet.
Mais tout ça aurait été trop simple : à un arrêt (le quarante-douzième), en tenant le bras de votre bout de chou pour le faire tournoyer comme dans les pubs, vous entendez en le reposant un léger, très léger, « aïe, j’ai moool Pôpa » et laissant tomber son bras comme un morceau de chiffon, votre enfant, votre vie vous regarde comme si vous lui avez fait vraiment du mal. Vous ? Moi ? Impossible…allons, bouge ton bras, fais plaisir à papa… « AIIEEEE !!!! OUInnnnnn (x 10/mn)!!!! »…OK c’est du sérieux. Mode panique. Survivre au regard de feu de la maman qui hésite à appeler la DDASS. Allumer GPS. Recherche de satellites. Points d’Intérêts. Urgences Hospitalières les plus proches. Recherche d’itinéraire. 4.5 km, 17 mn. On fonce.
2 h d’attentes aux urgences glauquissimes de Givors, trois médecins. Un manipulateur et une radio plus tard, on peut enfin repartir.
Arrivée à Marseille. Dans un état, disons, proche de l’Ohio.
19 h de routes (contre 3h en TGV).
Peut-être, je dis bien peut-être, un jour vous vous pardonnerez d’avoir luxer le coude à votre enfant psinâlik nmeuchikobalaïkana

Bref, la voiture avec les enfants et les grandes distances : NEVER AGAIN.

L’avion à présent.

Exemple d’un Paris Nice sur Air France avec un enfant de moins de 2 ans sur les genoux d’un adulte donc.
Temps de vol : 55 mn.
Temps réellement passé de porte à porte :
– une heure pour que le taxi vous amène à l’aéroport
-une heure pour se faire enregistrer les bagages et passer les douanes
-une bonne heure entre la salle d’embarquement, le transfert vers l’avion, l’attente à l’intérieur avant le décollage
-une heure de vol donc
-une heure pour descendre de l’avion, le transfert vers l’aéroport, l’attente des bagages
-une heure pour le taxi jusqu’à l’hôtel ou la location.
Total : c’est quasiment la journée qui vient d’être grillée.
Très utile de prévoir donc toute la gestion des enfants durant cette période hyper-méga longue comparativement à leur petit âge (par exemple : pas de jouets dans la valise qui part en soute mais plutôt dans le bagage à main😉 ).

Et encore je ne vous raconte pas la galère de la poussette avec l’éternelle question des agents : « ça compte ou pas dans les 20 kgs de bagages ? » (la réponse est NON pour info).

Dans le même temps, c’est 5h en TGV, de centre-ville en centre-ville et dans un confort absolu, avec de l’espace pour se dégourdir les jambes, se reposer et amuser les enfants.

Et surtout pour celui qui sait réserver à temps, des billets à 45 € AR par personnes, ne sont pas là pour déplaire…

Moralité toute personnelle : en France, hormis les destinations difficilement accessibles (ex : les séjours à la Montagne) : préférez toujours le Train !

 

Conclusion :
Voilà, j’espère n’avoir rien oublié et que mes expériences aient été un tant soit peu parlantes pour tout celles et ceux qui me liront. Comme chaque année il y aura les endroits où il fallait être, et les autres. Comme chaque année, nous allons entendre les invasions de méduses sur les plages, de cafards volants dans les chambres, les insolations, le mauvais temps et les accidents – pas toujours bénins hélas.
Les « Rôoo ils exagèrent quand même, ils en profitent bien !» et les « Je n’y remettrai plus jamais les pieds !»
Les « Ce fût splendide, terriblement émouvant » et les « agréablement surpris »

Mais surtout gardez bien à l’esprit que Tichri approche, avec son mois de Slih’ot auparavant. Les vacances c’est en effet le moment pour oublier. Mais pas tout. Ne soyez pas inquiets si vous voulez absolument amortir votre forfait « Kappara» : inutile de faire des folies et gâcher en deux semaines onze mois et demi de bonne tenue…

Ne faites pas des folies, j’insiste, où ça risque de vous coûter aussi cher qu’une nuit d’ivresse à St-Tropez:


Sur ce, Bonnes Vacances à tous et revenez avec la joie inscrit sur votre visage et dans votre âme !

À propos trente-trois
Papa encore trentenaire, contrarié et jamais contrariant, je souhaite pouvoir dégager suffisamment de temps pour pouvoir aborder tous les sujets qui me questionnent, m'interrogent et me révoltent (car oui, camarade, ça me révolte). Conscient que cette description est pour le moment inintéressante, je vous engage à œuvrer dans les commentaires qui vont suivre pour en savoir plus...

5 Responses to Les Vacances d’été: quel boulot !

  1. Jonathan dit :

    Excellentissime résumé de nos pérégrinations annuelles🙂 Il manque juste la partie sur ceux qui restent sur paris et qui doivent occuper leurs gosses envers et contre tout.

    Comme d’habitude on passe un excellent moment a la lecture de tes articles.

    Tu n’as jamais pensé a un partenariat avec Actu J ou Hamodia ? les lecteurs de ces journaux pourraient ainsi bénéficier d’une chronique hebdomadaire autrement plus truculente que celles habituelles🙂

  2. RINATH dit :

    je n’ai qu’un mot à dire : excellent,
    vous avez du avoir votre bac français avec mention mon cher monsieur ! je confirme que vous devriez vous faire publier pr le plus gd plaisir de vos fans.
    Nous vous encourageons à continuer.

  3. hababou dit :

    salut mise en trentaine, comme d’habitude tu nous as fais une recap honnete et sincere
    des vacances existantes pour les juifs français. bravo pour ta plume et tes idées, et bon anniversaire pour tes 36 ans (mi juillet je crois).

  4. Avidan Kogel dit :

    Si je peux apporter mon expérience :
    * pourquoi partir alors qu’on est finalement pas si mal chez soi (en plus, ça permet de faire TOUS les travaux et l’aménagement qu’on repousse depuis au moins 5 ans – les rideaux, l’étagère supplémentaire dans le placard, changer l’ampoule du couloir etc.) ?
    * Pourquoi partir alors qu’avec des enfants en bas-âge et les siestes, on ne peut rien faire en vacances ?
    * Si on veut partir en voiture, je suggère le départ à 3 heures du matin. Ça fait environ 4 ou 5 heures de route tranquille, au frais, où personne (même ta femme) ne t’emmerde.
    * Les meilleures vacances c’est quand les enfants partent chez/avec leurs grands-parents.
    * Si on est en vacances, on est aussi en vacances de judaïsme communautaire (pas de choule, pas de cours etc.). Et ça commence à l’aéroport où la kippa file dans la poche pour ne pas commencer à faire Minha avec tous ceux dont tu veux te reposer. C’est un mesure salutaire.

  5. Elodie Magnichewer dit :

    Excuse moi Mise mais si t’as le temps d’écrire un truc aussi long, tu trouves pas le temps d’améliorer le concept de partage des taches ménagères histoire que ça ait moins de poids dans le choix des vacances?

    Pour les enfants
    Même une sieste ç se déplace, ça peut se faire dans la voiture, dans la poussette voire même dans le porte bébé.
    Si c’est pas en vacances qu’on partage des moments de détente avec les gosses , c quand? C à peu près le seul moment où leurs deux parents sont dispos et détendus, où on ne leur demande pas de se dépêcher pour tout et n’importe quoi.
    Par ailleurs ya déjà tellement d’autres vacances où il faut parfois demander aux grands parents…

    Pour le reste, perso j’ai jamais aimé l’idée qu’on m’impose des horaires pour manger et donc m’habiller, j’aime bien l’idée d’avoir un peu plus d’intimité que la taille d’une chambre d’hotel où il faut caser des mômes histoire de faire baisser le prix, j’ai pas spécialement envie de partager les cris des gosses des autres et j’en passe. Mais la vérité c que l’hotel, j’ai pas les moyens😉

    Mais je pense que tout cela reste une question d’éducation et la manière dont on a vé&cu ses propres vacances;

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