L’election présidentielle et le Peuple Elu: De la typologie juive à l’Effet Papillon

Le Président s’en va. Vive le Président !
La France vient d’élire à sa tête un nouveau chef d’État.
« Nouveau » est à prendre au sens de « tout neuf » car de fait, François Hollande n’a jamais servi jusqu’alors à des postes d’envergures. Son Premier-Ministre non plus. Tout comme la quasi totalité de l’appareil gouvernemental. Au moins c’est cohérent.

Évidemment mes lecteurs ont une probabilité de 51.6% d’avoir voté pour notre nouveau Président. Sauf pour mon lectorat juif . Car dans ce cas, l’écrasante majorité de mes coreligionnaires se retrouvent bien malgré eux, dans l’opposition aujourd’hui. Non pas qu’ils aimaient à ce point le Président sortant. Mais qu’ils appréhendent le gouvernement de gauche qui se dessine maladroitement. Et dont les images de la Bastille, avec tous ces drapeaux étrangers – et surtout maghrébins et palestiniens – ont terni à jamais ce jour d’élection, rappelant les pires heures aux juifs nord-africains à la veille de leur fuite vers la France. Très vite les comportements des concitoyens se sont raidis. Nicolas Bedos tweetait même au second degré « Ça y est les arabes vont  pouvoir enfin se remettre à voler « .
Mais ce scrutin a été aussi  pour moi l’occasion de cartographier une typologie toute personnelle (et donc qui n’engage que moi) de la communauté, qui se décline classiquement sur deux plans idéologiques : patriotique et sioniste.

Alors, vous, amis lecteurs juif et français, vous y retrouverez-vous ?

Tout d’abord en guise d’introduction, pourquoi parler du vote juif et en quoi une radioscopie, totalement subjective, est-elle pertinente par rapport à d’autres critères socio-démographiques ? N’a-t-on pas combattu depuis des décennies la notion creuse du « vote juif » ?

Je vais vous faire une confidence: au Yom HaTorah du Bourget, début 2004 si je ne m’abuse, le tout jeune Ministre de l’Intérieur, un certain Nicolas Sarkozy était applaudi à tout rompre par des « Sar-kozy Pré-sident ! Sar-kozy Pré-sident ! « . C’était la première fois en France qu’un rassemblement de citoyens appelaient de leur vœux cet homme politique à se lancer dans la course présidentielle. C’étaient des juifs.
Un mois quasiment jour pour jour, toujours au Bourget, le CFCM tenait salon avec les sbires de l’UOIF. Souvenez-vous. Nicolas Sarkozy rappelant l’interdiction du tchador sous les huées. Et lui, tenant tête, sans peur et sans reproches.
Un contraste terrible.

Fin 2006, lorsqu’il évoquait ses ambitions politiques pendant son rasage matinal, je me suis dit que l’élan initial, le déclencheur, ne pouvait être que ce Yom Hatorah, et que si un jour il devenait Président, il n’oubliera jamais ces minutes intenses où toute une population en liesse l’acclamait et espérait en lui.
Aujourd’hui déchu – tout du moins pour l’heure, que reste il de cette communion de 2004 ?
Que retiendra la communauté juive de ce Super Ministre et de cet Hyper Président, aux phrases chocs, et à l’énergie fascinante ? Vers qui a-t-elle apporté ses suffrages au moment du choix ultime de ce 6 mai ?

Voilà en tous cas ma perception des dernière semaines, déclinée selon des familles empiriques mais symboliquement signifiantes. J’ai essayé d’y adjoindre un fond musical,histoire de détendre l’atmosphère,  le sujet politique étant toujours source de confrontation…

Les fidèles socialistes : »Imagine » (John Lennon)

Il y a d’abord les juifs de Gauche. les purs et durs, ceux qui n’ont jamais oublié l’époque de Mitterrand.  De Mendès. D’Attali et de Roger Hanin  sur la roche de Solutré. Du labrador et de la Rose au Panthéon. De SOS racisme non plus. Pour laver l’affront fait à cette Gauche historique et populaire, ils se berçaient des mots de Shakespeare: « Celui qui persiste à suivre avec fidélité un maître déchu est le vainqueur du vainqueur de son maître. » On les croit fidèles, mais ils sont surtout constant. Pour eux, François Hollande, c’est enfin le renouveau, le retour à une société juste, équitable, sociale, solidaire qui d’après eux avait disparu après 17 ans de gouvernance à droite. Le cœur ne bat-il pas à gauche ? A une France Forte, ils préfèrent une Force Tranquille. Une alternance politique qui peut parfaitement faire face aux périls mondiaux de la crise internationale en changeant les règles du jeu de manière univoque et isolée. En sortant du tout-finance. Du diktat de l’Europe. En redistribuant les richesses et en promouvant l’égalité citoyenne. « Open Up » pour paraphraser un slogan publicitaire. Il suffit d’y croire, de le vouloir pour que le miracle se réalise… »Et si c’était vrai ? » – Les oreilles de Marc Lévy ont dû siffler lorsque ces courageux ont feuilleté le programme *original* du candidat Hollande…

Ces mêmes objectifs (je devrais plutôt parler d’idéaux) sont transposés pour régler le conflit entre Israël et ses voisins arabes. D’où un soutien vers les mouvements dit « pacifistes », orientés carrément à gauche sur l’échiquier hébreu. Un droit d’existence à Israël reconnu mais une création immédiate d’un État palestinien indispensable et non négociable.
Et surtout ne leur parlez pas de l’antisionisme avéré de la gauche depuis ces 10 dernières années, ni de Boniface, ni de Vaillant, ni de Hessel, ni de Debray, ni de Glavany, ni d’Aubry, ni de Besancenot, ni de la peste rouge et verte, ni de tous ces adversaires de l’État Hébreu et accessoirement de la communauté juive française.
Tout cela ne serait qu’enfantillages sans conséquences, exagérations pré-électorales et caricatures politiciennes.
Comment ?  la 59e proposition du candidat Hollande qui ne résume son action internationale qu’au soutien à la Palestine ? Billevesée insisteraient-ils.
Quoi encore ? Jean Marc Ayrault, alors maire de Nantes, avait exclu Israël du sommet de la francophonie organisé dans sa ville et annulé la conférence du Technion ? Attention à l’instrumentalisation ! Il ne faut pas faire d’amalgames (qui est devenu leur mot fétiche depuis l’élection, à croire qu’ils ont une dent… contre leurs dentistes). Et maintenant laissons le gouvernement travailler* !

… »and the world would be as One »…


Les néo-opportunistes: »je retourne ma veste, toujours du bon côté »(Jacques Dutronc)

Point de critique envers cette classe, l’auteur de ces lignes s’y reconnait humblement dans les grandes lignes (sauf dans le choix des urnes du 6 mai dernier, j’avoue). On pourrait résumer la situation en reprenant une citation d’une philosophe incomprise de la fin du XXe s./ début du XXIe s. qui dans Psychologies Magazine déclarait : « Bien sûr que j’ai des convictions ! Mais j’en change souvent ! » ( Julie Depardieu, vous l’aurez reconnu).

Finalement peu politisé, quoique soucieux de son image et soignant ses réseaux, ce juif-là aimerait bien croire aux rêves de la gauche, mais se résigne aux réalités de la droite. Il y a ici bien sûr des spécialistes du genre, des champions du volte-face politique, tout en sourire : Mitterandiens de cœur, séduits par la carrure chiraquienne en 1995, intéressé par Bayrou et Madelin en 2000,  intarissables sur Jospin avant son échec en 2002, mais vantant , exaltés, Sarkozy en 2007, arborant avec fierté une poignée de main avec « Nicolas », prolixes sur son charisme, son énergie, sa vision pendant presque 5 ans. Presque, car depuis fin 2011, usant de ce flair qui les rend si populaires auprès de leurs camarades de synagogues, ils ont senti le vent tourné -aidé en cela par la Sofres, TNS, BVA et consort. Incarnant à merveille la devise des winners , « je lèche, je lâche, je lynche », ils reconnaissent gaiement : Oui ils ont soutenu Sarkozy, mais c’était parce qu’il représentait en 2007 le vrai candidat aux vraies valeurs de la vraie Gauche. Oui ils ont été séduit par ce candidat mais maintenant ils ont ouverts les yeux devant les promesses présidentielles non tenues et le projet socialiste tout frais émoulu. La vraie voie, c’est celle de Hollande. Désormais, ils en sont sûrs: Oui aux taxation des plus riches et sus aux droits de succession, oui à la solidarité, oui aux votes des étrangers, oui au monopole du cœur car ne sommes-nous pas tous que des citoyens du monde qui évoluons sur une planète où l’immigration est indispensable au confort de tous et à l’épanouissement de chacun  ? Leur choix est ferme : Ils veulent en être !
(…même si au fond, on l’aura compris, ils ne veulent surtout pas jouer le perdant…)

Quand à la relation avec Israël, l’humeur est à la résignation. C’est l’effet « kif kif ». Droite ou Gauche, le Quai d’Orsay reste ce qu’il a toujours été: un bastion de la politique pro-arabe initiée par De Gaulle (qui était de droite !). Sarkozy avait en plus traité Binyamin Nethanyahou de vil menteur. Alors, ça ne peut pas être pire finalement. Oui au changement donc !

« Je l´ai tellement retournée
Qu´ell´ craqu´ de tous côtés
A la prochain´ révolution
Je retourn´ mon pantalon »


Les Anti-Sarkozy, « Non, non tout mais pas ça » (L’Affaire Luis Trio) »

Ce juif-là est peut-être le plus français au sens statistique du terme. Si l’on devait en effet « moyenner » l’électeur durant ces élections, ce serait quasiment son frère jumeau.
De conditions aisée ou assistée, il n’a qu’un objectif, qu’il résume en retournant l’invective à son auteur: « Casse toi, pov’ con ! ».

J’emprunterai un alexandrin à Racine pour décrire la situation de ce déçu du sarkozysme: « Qui m’aima généreux me haïrait infâme »
Il nourrit une haine notoire envers Nicolas Sarkozy à la hauteur de l’amour qu’il lui vouait en 2007. Telle une belle jouvencelle qui aurait cédé sa vertu au premier Casanova qui avait une nuit à perdre, notre juif se sent trahi par ce beau parleur (d’où le choix de la chanson qui l’illustre).
Dès lors, toutes les comparaisons, des plus crasseuses au plus diffamatoires, y passent. De Tony Montana à Staline, de Madoff à Mussolini, pour lui le Président sortant est l’homme à abattre.
C’en est tellement l’urgence qu’il reconnait de bonne foi se contrebalancer complétement des positions de Hollande ou du Front de Gauche.
Il est prêt à tout pourvu que Sarkozy s’en aille !

Comment motiver cette détestation ? D’abord et surtout par la personnalité de Sarkozy. Amis des riches, fringant quinqua « rolexomane », marié à une top model, dinant au Fouquet’s et se la coulant douce sur des Yachts, sûr de lui, dédaigneux, hyper-actif, véhément voire agressif, ce « hongrois » représente toute l’attitude que notre juif abhorre. Si en plus on rajoute son « manque de paroles » face aux promesses tenues, et son orientation sociale plutôt incitative au travail (« Travailler plus pour gagner plus ») que participative au chômage (fin du RMI, réduction du RSA, création du pôle Emploi pour remplacer les largesses de l’ANPE), nous voilà avec un personnage qui a tout pour être haï.

Dont acte.

Quant à Israël: un type qui reçoit Khadafi en grandes pompes et qui lui envoie ensuite l’armée pour l’assassiner, alors qu’il lui avait financé grassement sa campagne, ce type donc ne peut être un allié fiable à la cause de l’état hébreu. Il mentira aux israéliens comme il a menti aux Français. Il sera acheté par les arabes comme il s’est fait acheté par Bolloré, Bouygues et Proglio.

« Encore cette fille qui m’appelle
Elle n’arrête pas à me rappelle et me rappelle
Me rappelle sans cesse que si je la délaisse
Oh ouh oh

Elle fera un malheur oh oh oh
Elle tuera mon bonheur oh oh oh oh
Elle m’arrachera le cœur
Elle criera sur les toits tout ce qu’elle sait de moi

Non non tout mais pas ça
Tais-toi, tais-toi, non ne raconte pas ça
« 


Les religieux:  » Anah’nou ma’aminim bnei ma’aminim  » (Mordehaï Ben David)

A une large majorité les juifs religieux ont voté pour Sarkozy. Évidemment certains rabbins ont fait le choix inverse, motivés essentiellement par une lecture disons humaniste de la Torah qu’ils pensent retrouver dans le discours de François Hollande. Un vote anti-Sarkozy motivé aussi à la suite des déclarations calamiteuses du Premier Ministre Francois Fillon sur la nourriture casher -qui rappellent la position du gouvernement précieusement sur étiquetage de la viande.
Pour d’autres comme le relève par exemple le journaliste Bernard Abouaf, à l’issue de la prière Motesei shabat, rue Pavée, le Rav Katz aurait dit : « bien que je me sois fait mal au pied (il est venu avec une canne), demain, j’irai voter. Comme l’a dit rav Steinman, c’est une Hatsala, un geste de sauvegarde pour les Juifs de France. Je demande à tous d’en faire autant. Et le choix est évident : il est à droite« . En plus des Rav Steinman et Katz, comme le précisera Valérie Hoffenberg, d’autres docteurs en lois viendront encore publiquement soutenir le vote sarkozyste (Rav Yaacov Sitruck et le Rav de Nétivot par exemple, cités dans Hamodia).

De nombreux textos sont venus également pollué nos téléphones portables, indiquant (sans aucune preuve évidemment) que tel Grand rabbin d’Israël appelait à voter Sarkozy. Ou que dans le Talmud est écrit que si l’on doute, il faut choisir la Droite ou qu’encore le jour du second tour qui correspondait à la Hilloula de Rabbi Meîr Baal Haness, les initiales du mot miracle, « NeSs » en hébreu, étaient les mêmes que Nicolas Sarkozy.

Et je vous épargne encore les *démonstrations* capillotractées basées sur la guématria prouvant que voter Hollande serait une grossière erreur.

Attention, qu’on ne s’y trompe pas. Il n’est pas question ici de polariser le vote dans une perspective purement politique. La démarche des juifs religieux est une démarche de prudence et d’obéissance. Prudence car, comme allait le prouver au yeux du monde ce funeste soir à la Bastille, les mouvements anti-Sarkozy charriaient bon nombre d’antisémites et d’antisionistes (pléonasme je sais). Obéissance aussi, car derrière l’élection de Sarkozy se cachait cette constatation: aucun des deux candidats n’apportera le vrai salut, qui ne peut venir que du ciel. Alors entre deux maux, autant choisir le moindre.
Il en va de même vis-à-vis d’Israël. Le quinquennat de Sarkozy n’a pas été à la hauteur des promesses engagées, mais tout de même quelle différence avec un Chirac qui fait son kéké à Jérusalem et un Jospin qui se fait caillasser par des palestiniens !

C’est une caractéristique d’ailleurs bien ancrée me semble-t-il,  dans ce choix de vote: aucune illusion sur la perfidie du monde des affaires publiques. Mais aucun pessimisme non plus sur l’issue, tant qu’elle permet la pratique du judaïsme dans la sécurité et la sérénité. D’où ce choix pro-Sarkozy, largement par défaut.

« Nous sommes croyants, enfants des croyants
et nous n’avons personne d’autre comme soutien
hormis, hormis notre père
notre père dans les cieux
Israël Israël
qui a cru dans le Seigneur
car Il est notre aide et notre protection »

Les intellectuels : « je suis venu te dire que je m’en vais » (Serge Gainsbourg)

Leur cas est intéressant. Beaucoup ont été des soutiens de choix en 2007. Jacques Attali le premier. BHL ou Finkielkraut par exemple ensuite. Conférences, articles, interviews dans les journaux nationaux et communautaires. Le sang neuf apporté par le candidat Sarkozy d’alors, ancien Ministre de l’Intérieur qui avait enfin l’audace de nommer les criminels comme des coupables, les avait séduit. Sans atteindre le point Godwin trop facilement, j’ai le sentiment qu’ils se sont volontairement laissé bercer par le dynamisme et le choc frontal de Nicolas Sarkozy, un peu à la manière apologétique d’un Heidegger avec le régime fort du nazisme. Ils étaient enivrés par cet homme, viril, qui redonnait enfin du sens aux mots, fuyant le consensus mou et rejoignant la devise de Bergson: « Penser en homme d’action. Agir en homme de pensée« .

Les discours ouvertement pro-israéliens et ceux en opposition farouche à l’islamisme rampant des cités avaient joués à plein en faveur du candidat de l’époque. Qui a oublié le débat avec Tariq Ramadan, piégé par Sarkozy, avec son « moratoire sur la lapidation des femmes ». Du courage, enfin ! mais aussi du bon sens populaire: Les élans lyriques de Guaino, pétris de valeurs ouvrières, authentiques, patriotiques, avaient achevé la parade amoureuse. Cerise sur le gâteau: le siphonnage efficace de l’électorat du FN  – puisque même Jean-Marie Le Pen lui trouvait du « panache » – qui prouvait enfin que le seul remède à l’extrême droite n’était pas la Gauche qui l’avait laisser prospéré, mais bien la Droite et une Droite forte et décomplexée !
Las! les réalités du gouvernement étant ce qu’elles sont, de petites phrases assassines en réduction de budget, de va-et-vient idéologique en contradiction, le quinquennat ne fût pas un modèle de constance. S’adapter ou mourir s’écrirait Darwin. Sauf que l’intellectuel juif, lui, n’a les yeux de Chimène que si l’on se tient vent debout au dessus de la falaise continentale des idées. On se souvint alors des mesures symboliques tombées à l’eau comme la lettre de Guy Môquet ou l’attribution à chaque écolier d’un « avatar » juif, enfant victime de la Shoah…Et que dire de l’intervention libyenne portée par un BHL étrangement silencieux pourtant pendant la campagne…La déception laissera vite la place à la frustration puis au repli stratégique avant de se terminer par la trahison – souvent dans l’intimité de l’isoloir.

Sarkozy et les intellectuels juifs, c’est avant tout une histoire de rupture. Ils ont « cassés » faute de s’être trouvés. Des amours au désamour…

« Je suis venu te dire que je m’en vais
Et tes larmes n’y pourront rien changer
Comme dit si bien Verlaine au vent mauvais
Je suis venu te dire que je m’en vais
Tu te souviens de jours anciens et tu pleures
Tu suffoques, tu blêmis à présent qu’a sonné l’heure
Des adieux à jamais
Oui je suis au regret
De te dire que je m’en vais
Oui je t’aimais, oui mais…


Les laïcs: « Sa raison d’être » (Pascal Obispo)

Cette masse, paraît-il majoritaire parmi les miens, a pour elle la Raison. La Raison d’État surtout: Nicolas Sarkozy est l’homme de la situation. The right man at the right place at the right moment. Comme tous, la personnalité de Nicolas Sarkozy leur inspire le rejet ou tout du moins peuvent-ils le concevoir. Mais on ne demande pas à un chef d’état d’être aimable ou « sympa ». Son boulot est de maintenir le cap malgré la tempête. Qu’il fasse valdinguer le gouvernail importe moins que se diriger à coup sûr vers le naufrage. Et n’est-ce pas ce qu’il a fait lors de la Présidence de l’Union Européenne, gouvernance saluée par tous les États membres ? Les juifs laïcs ont donc une vision pragmatique et dépassionnée. Le programme économique de la gauche est une vaste fumisterie. Il n’y a pas d’esprit d’équipe à gauche même si celle de droite est usée, fatiguée mais au moins a-t-elle l’avantage de maîtriser les dossiers. Elle a l’expérience pour elle. Les positions sur Israël sont aussi très claires: aux lendemains des printemps arabes, dans l’instabilité qui règne encore en Syrie, comment prendre le risque d’un revirement stratégique pourtant réclamés par les partisans de Melenchon, Joly ou Hollande ?
Le juif laïc veut défendre la stabilité, confessionnelle, culturelle, économique et nationale de sa Patrie. Il admet des errements depuis ces deux dernières années, des fautes mêmes, mais les contingences ne doivent pas brouiller la cible du gouvernement. Et cet objectif à maintenir, il n’y a qu’un seul homme pour l’incarner: Nicolas Sarkozy.

« Elle en a vu de toutes les couleurs
Elle est revenue de tant de combats
Elle a tellement tendu son coeur
Là où d´autres ont baissé les bras
Elle dit qu´après certains regards
Les mots deviennent dérisoires
On fait des choses parce qu´elles s´imposent
Sans se demander pourquoi
C´est peut-être
Oh peut-être 
Une goutte dans la mer
C´est peut-être
Oui peut-être 
Une goutte dans le désert
Oui mais c´est sa raison d´être
Sa raison d´être … »


Les alarmistes : « And no one’s gonna save you from the beast about to strike » (Michael Jackson)

Il est du juif et de l’angoisse comme il va de la pluie et de la Bretagne. Ils sont indissociables. Et cette élection a encore été l’occasion de réveiller tous les stimuli anxiogènes du peuple errant. Pour ce juif, l’important n’est pas le clivage Droite-Gauche. L’important est de barrer la route à tous les mouvements ouvertement hostiles et menaçant son quotidien – indépendamment de sa relation avec la foi ou de son positionnement vis-à-vis d’Israël.
Et avec 20 % au premier tour pour le FN, la question n’est pas tant de savoir qui va gagner cette élection mais comment faire pour que la formation d’extrême-droite stoppe son ascension pour la suivante !

Son modèle de pensée hurle « Munich ! Munich ! »
En effet, il faudrait être aveugle et inconscient pour ne pas voir que la crise mondiale est digne de 1929. Que les conditions sociales vont nécessairement se dégrader. Que l’austérité n’est plus une option. Qu’il en va de la survie du monde occidental. De la planète entière, voire.
Tenter de faire l’autruche ne sera que le meilleur moyen pour préparer le terrain aux extrêmes, au premier rang duquel, le Front National.
Donc voter pour Hollande, c’est à coup sûr vider les caisses de l’État, promouvoir l’immigration assistée, humilier davantage de la français de souche…qui se retournera volontiers vers la fille de.
Mais aussi, ne pas voter Sarkozy, c’est permettre à « la Droite la plus bête du monde », de se déchirer en place publique comme déjà les tensions flagrantes entre Coppé, Fillon, Dati, Morano et consorts le laissent deviner. C’est donc contribuer à l’explosion du bloc de Droite. A la balkanisation du parti. Et qui serait alors le contre-pouvoir le plus puissant ? Qui représenterait alors l’Opposition la plus nette et la plus cohérente ?

Non, on ne peut décemment pas espérer qu’Hollande passe. Car dans 5 ans, ce sera Marine Le Pen sur le perron de l’Elysée…aussi sûr que la racaille faisait virevoltait les drapeaux arabes à la Bastille !

 

It’s close to midnight and something evil’s lurking in the dark
Under the moonlight you see a sight that almost stops your heart
You try to scream but terror takes the sound befor you make it
You start to freeze as horror looks you right between the eyes,
You’re paralyzed

‘Cause this is thriller, thriller night
And no one’s gonna save you from the beast about to strike
You know it’s thriller, thriller night
You’r fighting for your life inside a killer, thriller tonight

 

 

Les sionistes: « We are the champions, my friend » (Queen)

Aucun doute, avec plus de 92% de votes favorable en Israël, record mondial des français à l’étranger, Sarkozy est le champion toutes catégories du vote juif sioniste.
Le premier et le deuxième tour n’ont été qu’un prétexte pour rappeler combien « Nicolas » était aimé du côté de Jérusalem. Les médias israéliens francophones d’ailleurs ne s’en sont jamais caché (ou si peu).
Plébiscité. Admiré. Soutenu. Aimé.
La position du juif sioniste français en métropole comme en Israël est sans appel: Hollande n’est pas, et ne se prépare aucunement a être l’ami de l’État Hébreu. Son entourage, sa famille politique, ses alliances électoralistes, tout concourt à une mise au ban d’Israël. En regard de cela, malgré des anicroches sans gravité avec le chef du gouvernement israélien, Sarkozy demeure ce petits-fils de juif de Salonique.
Il a le sens du courage, du dynamisme, de l’entrepreneuriat comme seul Israël peut les chérir. C’est presque un enfant du pays.

Quand en plus il s’oppose frontalement aux « arabes », alors là…
C’est bien simple, un français sioniste ne s’imagine même pas que l’on puisse voter d’une part pour Hollande, mais aussi et surtout contre Sarkozy – champion du monde !

« 

I’ve paid my dues
– Time after time –
I’ve done my sentence
But committed no crime –
And bad mistakes
I’ve made a few
I’ve had my share of sand kicked in my face
– But I’ve come through
We are the champions – my friends
And we’ll keep on fighting
– till the end –
We are the champions –
We are the champions
No time for losers
‘Cause we are the champions
– of the world –

« 

Les ultra-sionistes : »La bas » (Jean-Jacques Goldman)

Petite anomalie dans cette radioscopie, ce sont ce que j’ai appelé les « ultra-sionistes ». Ces juifs français qui jouent la politique du pire et qui, après avoir voté Marine Le Pen comme je l’évoquais dans mon précédent billet, ont avec soulagement accueilli les résultats le 6 mai au soir. Pensez donc, Hollande Président, c’est le compte à rebours des juifs de France sur le départ qui est lancé ! Quelques postes ministériels à des « minorités visibles « (entendez musulmanes ou pro-palestiniennes), bientôt la discrimination positive dans la petite et la moyenne administration, toujours à la faveurs de ces populations hostiles, histoire de bien rappeler comment et combien les juifs étaient freinés en Afrique du Nord, rajoutez-y des violences contre des synagogues et des écoles juives, comme à la belle époque du si mal nommé Michel Vaillant et vous obtiendrez une belle Alya massive des juifs de France.
Souvenez-vous du programme, finalement avorté,  « Sarcelles d’abord »…Tout n’est donc pas perdu.

Le salon de l’immobilier israélien qui s’est tenu à Paris ces derniers jours pourrait le confirmer: l’affluence était dantesque.
Alors pour celles et ceux qui sont convaincus que la place du juif est en Israël et uniquement « Là-bas », il n’y avait de meilleur choix que l’inexpérience d’un Hollande entouré de seconds couteaux aussi hostiles ou passifs à l’endroit des juifs que ne l’est l’état hébreu avec ses voisins.

« Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici, nos rêves sont étroits
C’est pour ça que j’irais là-bas
Là-bas
Faut du cœur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi
L’or est à portée de tes doigts
C’est pour ça que j’irais là-bas « 

Enfin…Les abstentionnistes :

A mes coreligionnaires qui ne se seraient pas déplacés, par fainéantise, pendant ces grands rendez-vous citoyens, et hormis cas de force majeur, je leur dédie cette balade de Souchon qu’ils fredonneront si (ou quand) leur situation se sera tellement dégradée qu’ils se demanderont s’ils appartiennent encore à la fratrie nationale et qu’il adresseront à Marianne cette complainte:

« Quand j’serai K.O.,
 Descendu des plateaux d’phono,
Poussé en bas
Par des plus beaux, des plus forts que moi,
Est-ce que tu m’aimeras encore
Dans cette petite mort ? »

L’effet papillon: »Pourtant jolie comme expression, pe-tites cho-ses…dé-gâts immenses  » (Bénabar)

600 000 votes ont fait basculer la balance en faveur du candidat socialiste. 600 000, un chiffre symbolique pour un peuple sorti d’Égypte…600 000 c’est aussi un tout petit peu plus que le nombre de juifs en France.

Ce qu’il y a de plus drôle dans cette affaire, demeure que la petite histoire à façonné la grande.

Si une certaine Nafissatou Diallo, femme de chambre mythomane et vénale au Sofitel de New York,  n’avait pas été si peu vigilante avant de refaire les draps il y a un an, jamais le petit maire de Tulle, haut-fonctionnaire bonhomme, sans charisme aucun, ne serait devenu Président de la République Française.
Ce raccourci est à dessein, pour rappeler à tout le monde, et surtout aux juifs chez qui il fait fait particulièrement écho, que l’élection ne fait pas tout. Que la Fortune ou le Ciel aient décidé de la trajectoire ne signifie pas que la position se légitimise d’elle-même. L’état de fait n’a pas cours lorsqu’on est choisi. Il faut en être digne. Et c’est en maintenant le rang qu’il nous procure  puis en l’élevant à chaque instant, que l’on justifiera a posteriori ce choix, sans doute irrationnel, mais voulu et agencé sans que l’Homme n’ait son mot à dire.

Mes chers compatriotes…

Vive la République, et vive la France !

*: l’aveuglement, l’angoisse du complot propagandiste anti-PS,  est tel que après la diffusion de cette vidéo, voilà ce qu’on pouvait lire chez certains (pourtant doté d’une intelligence rare):
« Personnellement je ne crois pas à cette vidéo ! trop vrai,agencé comme une horloge Suisse, aucun des pires clichés antisioniste ne manque à l’appel, pour être crédible ! Je savais la jeunesse antisionistes comme représentant l’archétype même de la bêtise, sur ce point il me reste encore un gramme de lucidité sous ma chevelure, mais orchestré de cette manière je n’ai jamais vu ça ! Et si c’était qu’une fiction, quelle mauvaise fiction ! On a ici une parodie tout simplement caricaturale et mal faîte de l’antisioniste militant de base qui a oublié son cerveau à la maternelle ! Tout ça pour dire qu’un message de propagande ne sera jamais balayer par un autre qui use de cette même méthode qui n’est capable de séduire que les idiots ! « …Sans commentaires…

À propos trente-trois
Papa encore trentenaire, contrarié et jamais contrariant, je souhaite pouvoir dégager suffisamment de temps pour pouvoir aborder tous les sujets qui me questionnent, m'interrogent et me révoltent (car oui, camarade, ça me révolte). Conscient que cette description est pour le moment inintéressante, je vous engage à œuvrer dans les commentaires qui vont suivre pour en savoir plus...

3 Responses to L’election présidentielle et le Peuple Elu: De la typologie juive à l’Effet Papillon

  1. Emmanuel BLoch dit :

    Superbe! Remarquable pour la finesse de l’analyse et la culture. Bravo!

  2. Ping : Bilan 2012: Réseaux sociaux, Cannes et Toulouse « Mise en Trentaine…

  3. SIMONY Yves dit :

    Analyse parfaitement documentée et finement présentée. Bravo.

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