Le défilé du Créateur

Nous allons lire dans quelques jours la paracha (péricope) de Béréchit (la Genèse), qui nous conte entre autre la faute d’Ève puis d’Adam et qui les verra expulsés du Jardin d’Éden. Mais aussi, c’est la parasha nous narre la première confection de vêtement de l’Histoire. Depuis lors, il est de notoriété publique que les juifs ont toujours eu une longueur d’avance sur les autres en ce qui concerne les vêtements, surtout ceux des femmes. Ne dit-on pas que les trois fêtes juives les plus importantes sont Rosh Hashanna, Kippour et le Salon du prêt-à-porter ?
C’est pourquoi je me suis amusé, en cette période aussi des défilés de mode à Paris, Milan, New York et Londres, à tenter de relater les 7 jours de Création sur le mode…de la mode !

À nous Paris.

Oui, H&M (Hachem) trace sa route avec constance. Le Créateur par excellence, le Ein-Sof spécialisé dans le ex-nihilo flamboyant, ouvre la première fashion week de l’Histoire, intitulé « Genesis« , par le thème du Ciel et de la Terre, et nous propose d’entrée de jeu de longues robes de b al et de fêtes atemporelles, longues mais hyper voluptueuses, drapées, découpées over glam‘, qui gagneront de saison en saison de la sobriété et du chic parisien. Ses créations s’en ressentent, puisque dès l’ouverture de tohu-bohu en charivari, l’Esprit de l’Artiste plane en défiant les ténèbres savamment mises en scène par le Maître de céans. L’orchestration musicale est si admirable que son Fiat Lux ! surprendra tous les aficionados des podium, qui réalisent alors qu’ils vivent un moment magique et qu’en terme de très-haute-couture, c’est véritablement le jour et la nuit. Avec l’Empereur de la mode les couleurs se font rock. Le noir ténébreux rencontre des blancs coloris tendres. Le premier acte se clôt donc sur cette disparité binaire où Hachem démontre dès l’abord son expertise magistrale et unique. Paris est conquis comme jamais il ne l’a été et ne le sera jamais plus. C’est divin !

Sépare à Sion

Un second passage pour marquer l’intermède avec le prochain tableau : des coupes franches, claires, nettes et précises. Des vapeurs célestes et des vagues océanes qui se distinguent superbement, composées d’un patchwork de brocards et soie damassée blanc pâle et bleu. On adore, on adhère !

L’influence made in Barcelona

Formidable chorégraphie pour ce nouveau tableau où les vêtements crèmes sont portés par des silhouettes manches capes tailleurs en pantalons, plissés plats travaillés dans des matières sublimes et traitées dans un colorama qui va du bleu océan au vert gazon en passant par l’écume lapis-lazuli et les odeurs bucolique des prairies et forêts apétissantes. Le nouveau duo thématique de la Terre et des Mers s’installe prodigieusement. C’est l’ovation et qu’est-ce que c’est bon !

Sous les soleils de Mexico

Comment évoquer le Créateur sans revenir à sa flamboyance, rappelant un de ses chefs d’œuvre, la Merkava. Le quatrième passage nous fait découvrir un nouveau tempo dans ce défilé: celui brillant et lumineux des astres dans les tenues plissées soleil (grande tendance de l’été), les fines ceintures sur les robes longues et la combi paréo sarouel. Dans cette avalanche d’effets volumineux et vaporeux, le petit tailleur jupe longue blanc lune a fait l’effet d’une bouffée d’air frais en pleine nuit – écho à la torpeur diurne et torride. Deux monarques célestes pour fixer le rythme de la mode terrestre. Jamais too much.Deuxième Standing-ovation.

La petite Sirène de Copenhague

Nouvelle scène. Autour de nous, on mesure l’ampleur de l’événement qui nous réunit depuis le début. 2.600 invités, dont 10 VIP ( Téshouva, Torah et autres privilégiés) qui ont eu l’insigne honneur d’assister au pré-défile en backstage avant même les invités du front row. Le Grand Palais transformé en fonds sous-marins, des coquillages, des algues, des poissons… Pour cette première années, on plonge à 20 000 lieues sous les mers du luxe. On est comme en apnée dans cette cinquième variation du défilé – ou bien spectateur dans « La petite sirène ». Il y a un peu des deux dans ce show. Hachem est -léavdil– le Walt Disney de la mode, un réalisateur du style. Et la collection printemps-été de l’an zéro, son nouveau blockbuster. Les pochettes se font coquillage, les talons des chaussures se transforment en branche de corail, les vestes pastel nacré sont iridescentes comme des méduses, les robes fourreau s’ornent de broderies et paillettes bleu ciel rappelant les écailles des poissons. Tout cela vit, vibre, ondule et danse. Pour faire jeu égal, des silhouettes de colombes papillonnent au dessus des invités dans leurs tenues angéliques. Cela fourmille de partout, en bas, en haut, à droite, à gauche; c’est la profusion et un véritable appel à la multiplication. On est chaviré. Quel bonheur !

Soie sage … de l’Inde

La profusion est pourtant loin d’être finie. Déclinée dans des couleurs chaudes comme le jaune safran, le vert pistache et le prune tamoul, la soie orientale met en lumière des corps inédits et so animals qui se dévoilent mais en nuances sous la griffe du Concepteur. Ouvertures hautes sur les jambes pour les girafes, dos nu hyper échancré pour l’hypocampe, jupes à pans pour le paon. On a aimé les chemisiers sages hyper transparents du hérisson. Avec des manches en cuir, associée à une jupe taille haute, la soie gagne en glamour surtout pour le moustique. C’est Top à l’unanimité. Mais Ô surprise, voici qu’une nouvelle entité fait son apparition à la toute dernière minute de ce tableau : Incroyable, le Créateur habille Son image et lui lègue sa domination ! L’Humain dans son expression première surgit au débotté. Et se dédouble. Splendide ! Des pétales de soie s’appliquent sur les jupes, parfois on en entend même le bruit des sequins tellement les modèles sont précieux. Ceci est une Révolution ! La tentation est insupportable, et déjà serpente le goût délicieux de l’interdit. La sanction va tomber. Époustouflant ! Mieux Boulversifiant !

L’apothéose biblique

Dernier tableau, celui traditionnel de la mariée mais où le Designer a le chic d’être là où on ne l’attend pas. Silence apaisant, pure zen-attitude. Instant sabbatique où la talent du génial Géniteur enfin se pose. Haletant, le public s’extasie. Le couple biblique vient clôre cette formidable explosion créatrice, Madame dans sa robe de mariée splendide et Monsieur dans sa tenue minimaliste, épuré avec des matières brutes et des couleurs chaudes. La collection printemps-été à l’Est d’Éden, s’articule autour de pièces et techniques de tissage artisanales comme le crochet et le cuir tressé. Les compensées sont en bois, le trench se pare de motifs africains, les couvre-chefs en paille s’ornent de pompons.

Genesis est et restera comme le Big Bang de la Création fashion contemporaine ! Les concurrents n’ont qu’à bien se tenir !

À propos trente-trois
Papa encore trentenaire, contrarié et jamais contrariant, je souhaite pouvoir dégager suffisamment de temps pour pouvoir aborder tous les sujets qui me questionnent, m'interrogent et me révoltent (car oui, camarade, ça me révolte). Conscient que cette description est pour le moment inintéressante, je vous engage à œuvrer dans les commentaires qui vont suivre pour en savoir plus...

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