Galliano ressort-il la taille SS ?

« I love Hitler »
 « People like you would be dead. Your forefathers would all be f****** gassed. »
 « Dirty Jew, you should be dead. »
 « Dirty Jew face »

Voila, comment en quelques secondes on envoie satelliser sa carrière de créateur de mode.  Alors Galliano antisémite ? raciste (puisque il y a quand même un asiatique  dans la plus récente affaire qui s’est aussi fait insulté) ? en un mot « Vade Retro Gallianas » ?Je n’ai pas trouvé mieux pour résumer la situation que la déclaration de Giorgio Armani qui a dit : « You can’t expect exemplary behaviour from an eccentric man like him« . Et ce dernier point mériterait davantage l’attention que les insultes de Galliano.

Le monde de la mode, comme celui des grands artistes en général est fascinant à plus d’un titre et d’abord parce qu’il présente une faune d’individus ‘originaux’. Mais leur impertinences et leur ego sur-dimensionnés étaient pour la plupart le moteur à leur créativité et , en conséquence, la société en général leur passait énormément de choses. Quelque part ils sont de fait  au dessus des lois du commun. Au dessus de la grouillante plèbe qui les sacre aussi vite qu’elle s’en débarrasse.
Combien d’excès, ou d’infractions claires à la loi sont rayés avec un embarras à peine simulé ?
Allez, je me lance : L’art absout l’artiste saoul…

Il y a évidemment des exceptions mais, elles concernent pour la plupart et à ma connaissance que des « artistes » ou des gens de lettres qui ont leur talent bien inférieur à la taille de leurs chevilles. Tenez, Marc-Edouard Nabe, qui aurait pu devenir autre chose que la larve fétide que l’on connait, en a fait les frais, lui qui devant Pivot avouait détester et vomir le genre humain. Apparemment, les « gens » ne lui ont pas pardonné. A voir le résultat on est tenté de dire qu’ils ont bien fait…

Concernant Galliano, la limite semble aussi être dépassée. Jamais Galiano n’a été aussi proche du guano. Mais ce qui me gêne à mon tour c’est qu’on le condamne sur de l’accessoire (sans jeu de mots) et que l’on en oublie l’essentiel.

Car, à la fin, une épave totalement ivre, pourrait bien éructer ce qui lui chante, qui oserait lui en tenir rigueur ?
Revoyez les images: Galliano est torché, c’est un fait. Et ce n’est pas la première fois. Il est fort à parier en outre que l’alcool soit possiblement la moins grave de ses addictions; le milieu de la mode n’étant pas réputé pour être l’autel de la sobriété – à tous niveaux.

Ce n’est pas ce qu’il a dit, pardon, ce qu’il a répété à plusieurs mois d’écart qui est scandaleux.
Car c’est le discours d’un paumé qui cherche à provoquer: Quoi de plus provocant, subversif, scandaleux que de louer Hitler et de vouloir l’extermination des juifs ? Je suis même étonné qu’il n’ait pas craché sur Israël – mais cela aurait pu être le cas à d’autres occasions qui n’auraient pas été filmées ou dont les victimes se seraient fait une raison en ne portant pas plainte.
Tout ceci n’est finalement que secondaire dans cette affaire. Inacceptables, scandaleux, intolérables, ces propos alcoolisés ne devraient pas faire réagir autant.
In Vino Veritas ? certes mais dans son cas, je trouve, il y a pire, et pour le coup personne ne le remarque. Car la culpabilité de Galliano est fondée mais pas pour les raisons que l’on croient.  Oui, Galiano est coupable pour deux raisons, principales cette fois.

La première, évidemment, c’est de n’avoir pas présenté ses excuses immédiatement. Notre société nourrie de christianisme raffole des mea culpa maxima. Haro sur le muet ! Tout mutisme est systématiquement transformé en fait aggravant. En l’occurrence ici c’est très justifié: voici un homme qui évolue dans un monde de diversité ou, parmi tant d’autres, les juifs sont un des maillons de la chaîne (en or bien bling-bling pour suivre les tendances gallianesques). Ses insultes sont tout bonnement suicidaires. Mais son manque d’excuse est criminel. Pensez à Mel Gibson qui a su pendant quelque temps faire illusion auprès des médias après ses dérapages en expliquant humblement ses problèmes conjugaux et sa dépendance à l’alcool. Rappelez-vous juste de Dieudonné qui est parvenu, encore plus fort, à se faire passer auprès de ses confrères pour plus blanc que neige pendant plusieurs semaines, gémissant même d’être victime d’une cabale…

Dans notre monde occidental, ne pas s’excuser tout de suite d’une faute est plus grave que de la commettre.

La deuxième raison est liée au statut de l’artiste. John Galliano est loué pour être un provocateur (souvenez-vous de son défilé s’inspirant des sans-abris, associer la misère noire au luxe éclatant), un subversif, un artiste qui ne craint pas de choquer. Il est, avec d’autres, souvent qualifié de border line.
L’expression de son art peut-elle être au-dessus des convenances et parfois de la Loi ?

Oui vont vous répondre tous les défenseurs de l’Art, de la liberté culturelle et les pseudo-anarchistes de salons parisiens.

Mozart était excentrique, Baudelaire odieux, Dali bon pour l’internement.
Et que dire de Françoise Sagan, toxicomane impénitente mais jamais incarcérée?

Mais cette connivence que j’évoquai au début apparaît de moins en moins supportable. La célébrité, voire le talent reconnu et adulé, ne peuvent plus, ne doivent plus jouer le rôle de l’anneau de Gygès, celui qui confère l’immunité totale.
Galliano n’est pas un néo-nazi, ni un fasciste. Ce fils de Gibraltar, qui a grandi parmi l’incontournable communauté juive locale n’est plus qu’ un pauvre type, qui a dû nourrir à de multiples reprises des réflexions scabreuses sur le IIIe Reich et son Führer, car on ne sort pas des insultes aussi construites, même en état d’ébriété avancé. Galliano est dans un ‘bad trip‘, certes, mais il reste et demeure un citoyen soumis aux lois, comme tout le monde. Le fait qu’il ait répété à plusieurs reprises ces immondices soulignent son sentiment de puissance et d’intouchabilité.

Je suis John Galliano et vous n’êtes rien. Je suis le Créateur de Mode et je foule aux pieds la Justice. Mon excentricité supplante vos valeurs. Déjà élite de la Mode, je prétends l’être du Monde. Déjanté donc inattaquable.
C’est cette attitude qui doit être éradiquée chez tous nos artistes qui placent leur ‘génie’ au dessus de la dignité humaine et de l’égalité citoyenne.
Les déclarations scandaleuses n’en sont qu’une manifestation.
Souhaitons que cette fois l’on soigne la fièvre et qu’on ne se contente plus de réparer le thermomètre…

À propos trente-trois
Papa encore trentenaire, contrarié et jamais contrariant, je souhaite pouvoir dégager suffisamment de temps pour pouvoir aborder tous les sujets qui me questionnent, m'interrogent et me révoltent (car oui, camarade, ça me révolte). Conscient que cette description est pour le moment inintéressante, je vous engage à œuvrer dans les commentaires qui vont suivre pour en savoir plus...

2 Responses to Galliano ressort-il la taille SS ?

  1. Bof dit :

    Jeune papa de 33 ans qui a enfanté un article pourri. D’ailleurs, j’aimerais que vous m’éclairiez sur ce  »résultat » qu’est devenu Marc Edouard Nabe que vous semblez si bien connaitre.

    • trente-trois dit :

      L’article ne concernait pas Nabe. D’ailleurs aucun article ne devrait le concerner…
      Je ne connais plus Nabe. D’ailleurs personne ne devrait plus le connaître…

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