je suis papa mais content

(dédié à ma femme qui subit tous les jours ce qui me tuerait sur l’heure)

La rue. Les passants qui passent.Votre enfant qui marche.Vous.Jusqu’ici tout va bien.

Un manège au loin.Votre enfant qui le fixe.Vous qui pressentez le drame. Tâtez vos poches. Et pressez le pas. Jusqu’ici tout va encore bien.

Trois syllabes qui percent le bruit ambiant. « Ma-nè-geuhhhh ».Vous qui n’avez plus de monnaie. C’est officiel. Votre enfant qui s’en moque.Vous qui redoutez. Et c’est là que tout s’enchaine…

La rue. Les passants qui ne passent plus. Qui regarde. Qui vous regarde. Votre enfant. Par terre. Gesticulant en rythme avec ses décibels de Castafiore. Vous. Qui implorez. Sourire poli. S’excusant du regard. Froncement  timide des sourcils. Menacez sans conviction. Ridicule, vous êtes.

L’ouverture de la symphonie qui enchaine sur le premier acte avec le double de volume. Gain de 3 décibels. C’est idiot mais vos cours de physique ondulatoire vous reviennent. Changement de sens de gesticulation.Option coups de pieds dans vos tibias. Sourire crispé. Sur le bitume pathogène, salive et larmes. Sur votre visage dissous, gène et culpabilité.

La rue. Le monde entier qui compatit mais condamne.Votre migraine naissante.Vos nerfs.Feue votre discrétion en public. Cette voix intérieure. Qui hurle elle aussi. « PAUVRE TACHE, MAIS POURQUOI T’AS PAS PRIS DE MONNAIE HEIN? HEIN? HEIN ? ».Double salto arrière en coups  de pieds Krav magesque sur vos genoux. Tentative d’uppercut sur votre poignet. Revanche sur la cheville.

La rue. l’Univers en émoi. Scandalisé.Votre cerveau reptilien.Vos cordes vocales. Votre jugulaire. Son petit poids. Chiffe molle haletante. Sur vos épaules. Ses hurlements. Votre regard de tueur. L’œil du tigre mon frère. Votre course effrénée vers la maison. Sa crainte. Votre victoire. Votre honte. Vos voisins. Ceux de votre belle-mère.

La maison. Dessin animé sur le canapé. Tête sur votre épaule. Une merveille qui suce son pouce. Sagement. Un sourire. Sur son visage. Un soleil. Dans votre cœur.

Être parent c’est parfois être tenté soit par le meurtre soit par le suicide. Mais c’est souvent être convaincu par le bonheur…

PS: ne sortez JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS sans un sou en poche a moins de 17 km d’un manège. JAMAIS.

PS bis: Super Nanny, tu est partie trop tôt, juste avant ce qui aurait pu être ton chef d’œuvre…

PS ter: pour finir sur une note drôle voici une vidéo qui frise le documentaire:

À propos trente-trois
Papa encore trentenaire, contrarié et jamais contrariant, je souhaite pouvoir dégager suffisamment de temps pour pouvoir aborder tous les sujets qui me questionnent, m'interrogent et me révoltent (car oui, camarade, ça me révolte). Conscient que cette description est pour le moment inintéressante, je vous engage à œuvrer dans les commentaires qui vont suivre pour en savoir plus...

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