Numb3rs
30/12/2009 Laisser un commentaire
Connaissez vous le nombre de Dunbar ou la “Règle des 150″ ?
En fait elle n’a jamais été réellement vérifiée, et disons le franchement elle est non seulement empirique mais même contredite par mes soins. Et par tellement d’autres.
Vous allez tout de suite comprendre pourquoi.
En réalité elle est célèbre car elle frappe l’esprit.
C’est une lointaine cousine de la Loi des 6 degrés de séparation (en fait quand je dis “lointaine” c’est donc à un degré inférieur ou égal à 6, forcément ^^…).
Que dit Robin Dubar (anthropologue anglais contemporain)?
Que le nombre d’amis avec lesquels une personne peut entretenir une relation stable à un moment donné de sa vie est plafonnée à…148 (estimation que la plèbe néophyte s’est empressée d’arrondir à 150).
Cela signifie donc qu’au delà de ce nombre la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer le fonctionnement du groupe. Il faut ensuite passer à une hiérarchie plus importante, avec une structure et des règles importantes (on le voit par exemple à l’échelle d’un pays et de son gouvernement…mais aussi d’une très grande entreprise !).
Conséquences ?
La prétendue règle de 150, soutenant que la taille d’un réseau social originel est limité à environ 150 membres, implique nécessairement une limite haute à toute velléité de construire un réseau de connaissance, encore plus au sein d’une très grande entreprise.
150, me direz vous, c’est tout de même pas si mal.
Qui peut se targuer de connaitre vraiment 150 collègues ?
La théorie est donc séduisante et pour tout dire complètement en phase avec nos idées a priori.
Or c’est là que le bât blesse à mon sens.
Personnellement sur FaceBook j’ai environ 350 “amis” et 85 autres demandes de connections que je n’ai pas “envie” d’honorer. Plus une bonne dizaine de mes demandes à moi que les personnes feignent d’ignorer
.
Il y a tellement d’autres utilisateurs qui dépassent allègrement les 1000 contacts.
A ce propos, les nombre impressionnant de 1 000 000 de ‘followers’ réalisé sur Twitter par le (mauvais) acteur Ashton Kutcher, dépassant CNN, montre bien à quels points la limite des 150 peut être dépassée.
Oui mais ne s’agit il pas là plus de “connections gratuites” sans apports mutuels, voire même des connections ludiques, qui n’aurait rien à voir avec des membres d’une tribu identifiée, unis par des intérêts communs, garants d’une cohérence et d’une stabilité qui profiterait à tous ?
Là est précisément mon propos: l’émergence absolument affolante des réseaux sociaux depuis ces dernières années a véritablement pulvérisé la notion proprement sociologique ou anthropologique de connections sociales.
Nous nous lions aujourd’hui avec des profils qui à l’évidence n’ont que peu d’impact sur notre quotidien. Mais dont le potentiel est jugé très sérieusement. Suivre un individu sur Twitter, faire une demande de connections sur FaceBook, Linkedin ou mySpace, ce n’est pas tant matérialiser numériquement une relation déjà réelle mais aussi et surtout construire un tissu social d’intérêt potentiel.
Cela serait du coup une sorte de réponse à la question critique « Qui contacteriez vous en cas d’urgence ? » : augmenter ses chances de trouver le bon contact, la meilleure aide et surtout le plus rapidement , c’est cela l’enjeu du réseau social d’aujourd’hui.
Il en va de même pour l’entreprise: ce n’est pas le nombre qui fait la qualité d’un réseau, certes. Mais au moins permet il d’accélérer les connections, les passerelles, les “ponts” entre individus, entre potentiels, entre expériences.
La limite des 150 n’est de mon point de vue plus qu’une théorie “ante-web 2.0″ ![]()


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